Contrat freelance : clauses clés pour se protéger quand un client disparaît

Calendrier de facturation

La plupart des problèmes de “client fantôme” ne viennent pas d’un manque de chance, mais d’un contrat trop flou. Un bon contrat freelance fait deux choses à la fois : il fluidifie le paiement quand tout se passe bien, et il te donne un levier concret quand le client cesse de répondre. L’objectif est de supprimer l’ambiguïté : ce que tu livres exactement, quand le paiement devient exigible, ce qui vaut acceptation, et ce qui se passe si la communication s’arrête.

Une structure de paiement qui stabilise la trésorerie

Commence par un acompte ou des “frais de réservation” dus avant tout démarrage. Même un pourcentage modeste change la dynamique : les clients sérieux paient vite, et les profils peu fiables se filtrent d’eux-mêmes. Dans le contrat, indique le montant, la date d’échéance, et précise que la date de début n’est confirmée qu’après réception des fonds.

Privilégie une facturation par jalons plutôt qu’une facture finale unique. Décris chaque jalon simplement, relie-le à un livrable (par exemple : « premier jet remis via lien Google Doc » ou « fichiers design déposés dans le dossier partagé ») et rends chaque jalon payable à la livraison ou sous un délai court (par exemple 7 ou 14 jours). Tu limites ainsi ton exposition si le client disparaît en cours de route.

Ajoute une clause de retard de paiement réaliste pour 2026. Au Royaume-Uni, les contrats entre entreprises peuvent s’appuyer sur des règles légales de retard (intérêts et indemnités forfaitaires), sauf si vous convenez d’un recours alternatif réellement équivalent. Cela te donne une escalade crédible, fondée sur des règles reconnues, plutôt que sur des relances émotionnelles.

Points de déclenchement : quand une facture devient exigible

Beaucoup de retards viennent d’un argument classique : le livrable n’aurait pas été “validé” ou “final”. Ton contrat doit définir des déclencheurs clairs : date de facture, date d’échéance, et ce qui constitue une livraison. Une formulation pratique aide : « la livraison intervient quand le freelance envoie le lien du livrable à l’adresse email désignée » ou « quand les fichiers sont déposés dans le dossier convenu et que le client est notifié ».

Prévois une fenêtre d’acceptation. Par exemple : le client dispose de 5 jours ouvrés pour accepter ou demander des modifications. Sans retour dans ce délai, le livrable est réputé accepté aux fins de facturation. Ce n’est pas pour forcer un travail médiocre : c’est pour éviter que le silence ne devienne une extension gratuite.

Inscris un droit de “pause” que tu appliques vraiment : si le paiement a X jours de retard, tu suspendes le travail et les délais sont décalés. Combine-le à une règle de reprise (par exemple : toutes les factures en retard doivent être réglées avant reprise). Le contrat devient un processus, pas une menace.

Maîtriser le périmètre pour éviter l’extension sans paiement

Écris le périmètre sous forme de liste, pas comme une impression générale. Annexe ou référence un brief : livrables, formats, volume approximatif, et ce qui est explicitement exclu. Si les besoins risquent d’évoluer, définis une phase de cadrage séparée de la production, afin de pouvoir réestimer sur des bases concrètes.

Mets en place une gestion des changements : toute demande hors périmètre déclenche un avenant écrit indiquant le prix et l’impact sur le planning. Reste simple : « aucun changement n’est valable sans confirmation écrite (un email suffit) ». Cette phrase empêche les “Tu peux juste…” de grignoter ta marge en silence.

Ajoute une clause de résiliation claire et des frais d’annulation équitables. Si le client met en pause ou annule, il paie le travail déjà effectué, plus un pourcentage fixe pour la capacité réservée, l’administratif et le temps de démarrage. En pratique, cela pousse à une pause responsable plutôt qu’à une disparition sans paiement.

Preuve du travail : des traces utiles en cas de litige

Fais de la preuve une partie du flux de travail. Indique que tu conserves des relevés de temps, un historique de versions et des confirmations de livraison, et que ces éléments font partie du dossier du projet. Si tu utilises des outils qui enregistrent les modifications (historique de documents, versions de fichiers design, commits), précise que ces traces peuvent être utilisées en cas de contestation.

Définis le canal de communication pour les instructions et validations. Si tu acceptes des validations via messagerie, ajoute une ligne indiquant que ces messages valent approbation écrite. Si tu préfères l’email, dis-le clairement. Le but est d’éviter le scénario : « je n’ai jamais validé », parce que les validations étaient éparpillées entre appels et messages informels.

Fixe une durée de conservation raisonnable pour les fichiers et brouillons (par exemple 30 à 90 jours après la livraison finale), sauf accord contraire. Cela limite les demandes “urgentes” des mois plus tard, comme si une nouvelle livraison faisait partie du prix initial.

Calendrier de facturation

Droits, accès et recours si le client devient silencieux

Utilise des clauses de propriété intellectuelle qui correspondent à ton levier. Une approche courante et équilibrée : le client obtient la licence ou le transfert de droits seulement après paiement complet. Avant cela, il peut consulter les versions de travail uniquement pour revue interne. C’est clair, sans rendre la relation agressive.

Si tu gères des accès (hébergement, comptes publicitaires, analytics, domaines, outils payants), prévois une clause d’accès et de remise. Décris les accès nécessaires, ce que tu restitues à la fin, et ce qui arrive en cas d’impayé — par exemple suspendre des services non essentiels tout en préservant les données du client. Les mesures doivent rester proportionnées et réversibles.

Prévois une timeline d’escalade logique : rappels, mise en demeure, puis étapes suivantes. Précise aussi la loi applicable et la juridiction compétente, pour ne pas négocier le “où” et le “comment” au moment de recouvrer une créance. Pour les litiges de faible montant en Angleterre et au Pays de Galles, des voies de type small claims sont fréquemment utilisées : le contrat doit donc faciliter une demande simple si nécessaire.

Quand le client disparaît : un plan d’action soutenu par le contrat

Étape 1 : documenter, pas dramatiser. Envoie un email “statut et paiement” qui récapitule ce qui a été livré, le numéro de facture, l’échéance, et les conséquences prévues au contrat (pause du travail, intérêts, escalade). Reste factuel : ce message sert autant au dossier qu’au client.

Étape 2 : une mise en demeure si le silence persiste. Joins la facture et un résumé de livraison, rappelle la fenêtre d’acceptation (ou l’absence de demandes de modifications), et fixe un délai court de règlement. Si ton contrat renvoie aux recours légaux de retard, calcule les intérêts depuis la date pertinente et indique-les clairement.

Étape 3 : choisir le recours selon le montant et le temps. Au Royaume-Uni, les règles de prescription peuvent laisser plusieurs années pour agir en rupture de contrat selon le type de contrat, ce qui permet une escalade mesurée. Mais, concrètement, les preuves et le levier s’affaiblissent avec le temps : il est souvent plus efficace d’agir tôt, tant que les échanges et les traces sont encore frais.